Accueil Retour vers les dosssiers Précédent Suivant Précédent SuivantDossier Les chants de marins - 4
Par Yves B. Article publié sur : www.forumdesforums.com Un très bon article, riche et précis. Je le mets en ligne sans avoir pu contacter son auteur afin de lui en demander l'autorisation.
Qu’expriment les chants de marins ? Nous ne trouverons jamais de vulgarité, ni de grossièreté choquante dans l'écriture des cahiers de marins, à quelques rares exceptions, parfois de la coquinerie, de l'humour, de la dérision. Il faut distinguer deux catégories de chant : les chants utilisés pour le travail à bord, entraînant pour les manœuvres, scandés de façon à ce qu'ils s'accordent avec le rythme des quarts et les exigences de la rapidité des exercices pour la bonne conduite du navire. Ce sont les principaux. Enfin ceux qui occupent les temps à terre, des permissions et des escales. Se servant des carnets personnels où ils ont consigné les impressions de la vie à bord, dans la chaleur des tavernes, des pubs et des tripots des ports du monde entier, les marins, émoustillés par le vin, la bière et le tafia, sur des tabourets autour des tables rustiques, sortent, qui un harmonica, qui un accordéon, un violon ou une guitare, entonnent en chœur d'une voix rauque ou chaude leurs compositions musicales. Puis, laissant libre cours à leur improvisation, autour du meneur, ils chantent. Se joignent souvent à eux des marins de passage et la soupape laisse échapper la panoplie des sentiments. La présence des hôtesses et des servantes y contribue. A l'aube, ils regagneront le bord et personne ne manquera à l'appel. Dans ces complaintes ou shanteys, ils racontent la discipline du bord, se plaignent de la dureté des supérieurs, de la rude condition des matelots, mais évoquent aussi la nostalgie de l'absence, la camaraderie, la mélancolie propre aux gens de mer. Qu'ils soient d'Ecosse, d'Irlande ou d'Angleterre, Gallois ou Bretons, qu'ils viennent de Dunkerque, Boulogne, Saint-Malo, Brest, Lorient, Nantes ou Bordeaux, les sentiments sont les mêmes. On évoque la perte d'un homme en mer, la violence des éléments, l'inconfort des vaisseaux, l'absence d'une fiancée laissée au port, d'une épouse aimée, d'une mère veuve, elle-même orpheline d'un père marin. Méritantes femmes restées à la barre du foyer comme eux à la barre du navire. Femmes de courage et de patience qui ne se plaignent jamais, stoïques et résignées de leur sort, trouvant souvent dans la prière et la foi en la Madone que l'on vénère, la volonté de vivre. Elles y puiseront l'énergie pour faire face à l'attente insupportable, lorsque de la lande elles scruteront le retour du trois-mâts et au mât duquel il leur arrivera, trop souvent, d'apercevoir le pavillon en berne, annonciateur du décès d'un des hommes d'équipage, mais lequel ? Théodore Botrel a composé de touchantes complaintes sur la vie de ces familles de la mer en pays breton. La Paimpolaise, vieille de notre pays, Fleur de blé noir, pour les plus connues. On y trouve l'esprit de ces peuples mystiques, démontrant combien la frontière est ténue entre la vie et la mort et aussi entre l'Armor et l'Argöat ( le pays de la mer et celui du monde paysan des landes ), car le paysan de ces rivages côtiers est une source naturelle dans laquelle puisent les armateurs pour embarquer des hommes costauds et rudes dont l'équilibre leur permettra d'affronter des situations périlleuses. A 13 ans, voire 14 ans, un certificat en poche pour les plus instruits, le mousse, sac au dos, embarquait pour sa première campagne, afin d'apprendre les rudiments de la vie de marin et de découvrir les mystères de l'océan. Formé par les anciens, il deviendra marin à son tour. S'il est volontaire et intelligent, grâce aux cours du soir, il sera un jour capitaine. Les cas ne furent pas rares et bon nombre d'entre eux devinrent des hommes d'exception, cependant toujours modestes, humbles, riches de leurs expériences. L'esprit de ces complaintes résume la vie simple et respectueuse de nos ancêtres de la mer et du beau métier de marin. Enfin, on ne peut passer sous silence, la poésie du vocabulaire et des termes propres à la mer. Dérivant des brumes nordiques, les Scandinaves ont enrichi le patrimoine de cette littérature qui s'incrusta dans la langue anglaise, à laquelle nous avons emprunté notre langage maritime.
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Il y a trois sortes d'hommes, les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer. Platon 1 - Les peuples de la mer nous offrent une riche histoire maritime. 2 - Le chant pour leur faire oublier leur condition. 3 - Embarquement et débarquement. 4 - Pour quelles manœuvres furent créés ces chants de marins ? 5 - Quels sont les instruments qui accompagnent les chants ? 6 - Qu’expriment les chants de marins ? 7 - Le patrimoine sauvegardé.
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