Accueil Suivant Suivant Retour vers les dosssiersIl y a trois sortes d'hommes, les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer. Platon 1 -
Les peuples de la mer nous offrent une riche histoire maritime. 2 -
Le chant pour leur faire oublier leur condition. 3 -
Embarquement et débarquement. 4 -
Pour quelles manœuvres furent créés ces chants de marins ? 5 -
Quels sont les instruments qui accompagnent les chants ? 6 -
Qu’expriment les chants de marins ? 7 -
Le patrimoine sauvegardé. Dossier Les chants de marins - 1
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Par Yves B. Article publié sur :
www.forumdesforums.com Un très bon article, riche et précis. Je le mets en ligne sans avoir pu contacter son auteur afin de lui en demander l'autorisation. Cliquez pour atteindre le paragraphe
Les peuples de la mer nous offrent une riche histoire maritime. Parmi ce patrimoine commun, les chants de travail, que les Anglo-Saxons nomment chanteys, en font partie. Chants d'hier et d'aujourd’hui, la tradition demeure bien vivante, au même titre que les œuvres des écrivains, des peintres de marine ou des poètes. Si surprenant que cela puisse paraître, à travers ces comptines se dévoile un pan de notre histoire maritime commune, se révèle le passé quotidien de ces rudes hommes de mer, coureurs d'océans. Sous une apparence bon enfant, écrit Jean Rolland, romancier amoureux des chants de marins, " dans leur simplicité teintée de truculence, tout au long des siècles se manifeste dans les complaintes la sensibilité pudique de ces hommes rudes façonnés par l'aventure, les combats, les découvertes, les dangers. Figures hautes en couleur, capables de prouesses extraordinaires et d'une endurance à toute épreuve". Nous pouvons déplorer que les chants de marins soient restés trop méconnus de notre culture nationale, par ailleurs fort riche, contrairement aux autres peuples qui surent entretenir ce lien de tradition qui relie le passé au présent, alors que nous fûmes la deuxième puissance maritime du monde du Grand Siècle jusqu'à Louis XVI. Et pourtant nous n'avons pas à rougir de ce passé, glorieux parfois, humble souvent, pathétique dans les heures sombres de notre histoire, mais toujours courageux. Des Phéniciens aux Grecs, des Génois aux Vénitiens, des Celtes aux Vikings, Galiciens, Bretons, Gallois, Ecossais, Anglais, Hollandais, Français, Espagnols, Portugais ont sillonné les mers et les océans de notre planète pour découvrir, conquérir, échanger, bâtir, puis relier les hommes entre eux. Qu'ils fussent en partance sur des esquifs, embarqués sur des bâtiments de guerre, des navires marchands, ou bien qu'ils fussent aventuriers, forbans, corsaires, pirates, enflammant l'imagination de notre enfance, découvreurs d'océans, traceurs de lignes et de routes, Cap-horniers ou Galériens des brumes de Terre-Neuve, ces laboureurs des mers ont inspiré le respect, forcé l'admiration, fait rêver des générations et suscité combien de vocations ? Qu'ils aient servi la course comme corsaires du roi ou simples matelots cinglant vers les caps et les cinquantième rugissants et osant affronter les tempêtes, qu'ils aient été grands capitaines sur les fringants clippers, ces pur-sang aux cathédrales de voiles, ou bien petits gars de la côte embarqués vers les brouillards glacés d'Islande ou encore shangaïes pour aller harponner la baleine, marins au longs cours sur la route de la soie, du guano, du coton ou du thé, leur courage ne peut que susciter l'estime. Dans le sillage de leurs courses, les chants n'ont cessé de scander leurs éprouvantes journées de labeur, les premières notes s'égrenant dans le vent et la furie des vagues sonnaient comme ceux de Valparaiso et de San Francisco. Dans le sillage de leurs grands oiseaux blancs, autour desquels planaient les albatros, leurs rêves d'aventure se mêlaient aux embruns salés. Ainsi le chant s'imposait-il pour leur faire oublier leur condition.